MOI JE VEUX UN PAPA « Modolé ! » (traduction en français) « blanc ».
C’est la demande que m’a faite timidement, presque en cachette, ce petit garçon de 7 ans abandonné tout bébé dans un orphelinat de Kinshasa et qui depuis a grandi.
Ils sont très nombreux dans cette situation et à cet âge de 6-10 ans. Malheureusement, les candidatures à l’adoption que nous recevons portent trop souvent sur des enfants de moins de 5 ans voire 0 à 3 ans.
Ces petites filles et petits garçons attendent aussi une famille, ils y ont droit, droit à vivre dans un milieu aimant, droit au confort, droit à l’éducation, droit à un avenir.
Ils ont des ambitions, ils font des rêves : ils veulent être médecin, pasteur, ministre, infirmière, couturière, joueur de foot…
Ils sont beaux, réservés, ils souhaitent une vie d’enfant tout simplement, comme celle de tous les enfants du monde.
Aujourd’hui ils n’ont d’autres horizons que cette misère au quotidien – lever 6 heures, premier et seul repas à 15 heures – conditions d’hygiène déplorables. En traversant la rue, ils suivent un semblant de scolarité dans l’établissement créé à l’initiative du responsable de l’orphelinat.
De retour à l’orphelinat, ils jouent avec peu de choses ou avec rien, tout en prenant soin des plus petits. Leur comportement responsable est touchant.
Lorsque je suis présente dans l’orphelinat, ils savent pourquoi je suis là et pour quels enfants appelés à partir en France.
Les plus hardis me questionnent : « Pourquoi les papas et les mamans blancs ne demandent que des bébés ? »
La réponse, vous le mesurez, est difficile à exprimer et dans leurs yeux passe un voile de résignation et de tristesse. Comme j’aimerais leur donner une bonne nouvelle, en fait celle qu’ils attendent tous en m’accueillant.
Actuellement, dans notre pays, des milliers de candidats à l’adoption sont en attente d’un projet et souvent depuis de longues années. Si leur désir d’enfant est fort, alors il peut sans doute faire évoluer les choix quant à la limite d’âge des enfants souhaités.
Un accompagnement spécifique, avant l’arrivée de l’enfant et au cours des premiers mois après l’accueil, sera proposé à tous les candidats s’orientant vers ces enfants « grands ».
Mon engagement, en ma qualité de Directrice d’Organisme d’Adoption, est de trouver, avec l’équipe qui m’entoure, une famille à tout enfant qui en est privé.
Je m’y emploie chaque jour.
Edith Labaisse Responsable de l’OAA Vivre en Famille.
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